La France est un pays dans lequel l’agriculture a façonné la vie et les territoires pendant plusieurs siècles. On se souvient de la célèbre phrase de Sully sur le « labourage et pâturage » qui sont « les deux mamelles de la France ». Mais l’importance du secteur primaire dans notre histoire ne doit pas faire oublier qu’aujourd’hui l’agriculture et les industries agro-alimentaires représentent encore plus de 5 % de l’emploi et que c’est un secteur d’avenir si l’on veut bien lui permettre de se développer.

L’agriculture : identité et indépendance de la France

C’est un enjeu essentiel d’indépendance alimentaire et même énergétique, un enjeu d’aménagement du territoire mais également de préservation et de promotion d’un art de vivre à la française dans nos territoires ruraux qui ont bien souvent le sentiment d’être les grands oubliés de nos politiques publiques.

Les secteurs de l’agriculture et de la pêche sont particulièrement exposés aux aléas climatiques et économiques mais aussi et surtout à la concurrence européenne et internationale que la politique agricole commune a heureusement su protéger. Mais cela ne doit pas nous interdire de réfléchir aux évolutions souhaitables pour la PAC tout comme aux perspectives d’avenir car ne l’oublions, nous comptons plus de 450 000 élèves, apprentis et stagiaires dans l’enseignement agricole.

Refuser le suicide français

Les crises se succèdent et nos campagnes sont soumises à un profond mécontentement. Il sera nécessaire d’impulser de grandes réformes dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche et de l’agroalimentaire pour permettre à chacun de vivre dignement de son travail, notamment en baissant les charges, tout en respectant la soutenabilité des productions. Les innovations techniques et technologiques sont particulièrement importantes dans ce secteur et doivent être soutenues.

Promouvoir une filière phare

Des solutions existent par ailleurs pour répondre aux besoins et urgences de ces secteurs. Il faut à la fois s’assurer de la production et de la distribution en circuits de proximité, tout en permettant à notre agriculture d’être forte dans l’exportation à l’international. Nous devons faire le choix de la proximité comme de l’excellence en nous inspirant de ce qui marche comme chez nos voisins allemands qui misent sur la diversification des activités agricoles avec la promotion de l’agro-tourisme (ferme équestre par exemple) ou le développement de l’agro-énergie où l’agriculteur est aussi fournisseur d’énergie par la méthanisation, ce qui permet de diversifier et sécuriser les revenus agricoles.

Nos campagnes : un lieu de vie et d’avenir

L’enjeu n’est pas seulement financier. Il est aussi social, environnemental et avant tout humain. Des hommes et des femmes travaillent chaque jour pour nous permettre de nous nourrir. Nous ne devons pas l’oublier et tout faire pour permettre à nos territoires ruraux d’être des lieux de vie et d’avenir. Nous devons refuser la fatalité du « désert français » dans nos campagnes ou celui d’une vision de carte postale qui transformerait nos territoires ruraux en lieux de loisirs pour urbains.

L’aménagement du territoire doit aujourd’hui être repensé autour de la question des territoires ruraux et semi-ruraux avec comme objectif un développement de ces lieux de vie. Les services publics doivent évidemment y concourir ainsi que les collectivités locales mais il s’agit avant tout d’un enjeu économique pour attirer des entreprises et créer de l’activité, susceptible de faire vivre les territoires.

Enfin, certaines questions spécifiques se posent dans nos campagnes comme celles de la couverture numérique, de l’accès aux soins ou de l’accompagnement de nos seniors. Toutes nos réflexions devront chercher à promouvoir de nouvelles méthodes à même d’assurer le développement durable de ces territoires et répondant à leurs enjeux spécifiques.