Comme le disait André Malraux, dans un célèbre discours d’hommage à la Grèce, « la culture ne s’hérite pas, elle se conquiert. Encore se conquiert-elle de bien des façons, dont chacune ressemble à ceux qui l’ont conçue ». Les Hussards croient en cette vision qui synthétise ce qu’est ou ce que doit être la culture : une identité et un patrimoine mais aussi un enjeu de création, d’échanges et d’avenir. Rien n’est plus étranger à la culture que ce qui est abstrait. La culture est bien affaire de transmission, d’enracinement et de création.

A cet égard, l’exception culturelle française n’est pas un vain mot. Nous devons être fiers de notre histoire, de notre patrimoine et de notre culture. Elles doivent être un levier de création de richesses mais aussi et surtout un élément constitutif de notre identité. Mais cette fierté identitaire et créatrice ne doit pas nous conduire à nous tourner vers le passé mais bien au contraire à penser l’avenir avec optimisme.

Racines et créations

Nous avons des atouts culturels historiques incomparables mais nous avons aussi des richesses culturelles d’avenir à travers les secteurs de la communication et du numérique. C’est toute une économie nouvelle qui émerge et qu’il faut conforter pour créer les emplois de demain.

La culture doit être vivante et dynamique. Il faut autant que possible la faire vivre librement. Cela passe aussi par une politique culturelle qui cesse de gaspiller une partie de l’argent public en subventionnant, à tout va, ce qui est devenu un nouvel art pompier et officiel à travers le goût d’une fausse transgression non créatrice confortée par un relativisme abscons.

Mais nous refusons de maintenir un faux débat entre Anciens et Modernes dans notre vie culturelle. La France regorge de créateurs et d’artistes dans tous les domaines qu’elle doit savoir mettre en avant pour leur permettre de créer et diffuser leurs arts. Nous refusons également l’opposition entre techniciens et artistes. Notre pays a un savoir faire dans l’artisanat d’art ou dans la création technologique ou graphique qui sont autant de richesses que la création picturale, cinématographique ou architecturale.

La culture : d’abord une transmission

La démocratisation culturelle doit demeurer un objectif prioritaire. Les pratiques culturelles doivent être soutenues et enseignées pour permettre à chacun d’avoir accès, de découvrir et de connaître les arts. En effet, si « la culture se conquiert », il faut permettre à ceux qui en sont les plus éloignés d’y avoir plus facilement accès. L’éducation artistique et culturelle est donc un chantier prioritaire, qui doit là encore, sortir des oppositions de clochers, pour permettre à chaque enfant de France d’acquérir une culture solide et riche.

Cet élargissement du monde de la culture vers tous les publics doit être soutenu, davantage que ce n’est le cas aujourd’hui, par le secteur audiovisuel et radiophonique public français. C’est un impératif qui ne doit pas se traduire par une programmation inaccessible à un grand public. Il est nécessaire de (ré)concilier programme de qualité et succès populaire comme le montrent certains programmes. Ce secteur public devra d’ailleurs faire une plus grande place au débat et à la contradiction pour répondre à la diversité des opinions publiques.

Les Hussards sont attachés aux réussites locales et individuelles et s’il est un domaine où ces réussites s’expriment souvent avec talent, c’est bien celui des arts. La France n’est pas un pays comme les autres. La politique culturelle de la France doit aussi avoir pour ambition de porter notre message, notre singularité et notre esprit français. A l’heure de la globalisation médiatique et de l’uniformisation des supports et des pratiques culturels, nous devons promouvoir un certain art de vivre et de créer. C’est l’ambition qui doit animer notre politique culturelle.