La France n’est pas n’importe quel pays dans le monde. Elle doit aujourd’hui le réaffirmer avec force et conviction. Elle porte ou doit porter une vision, un certain panache et une conception de l’homme qui ne sont pas semblables dans d’autres régions du monde. C’est une certaine idée de la France à laquelle nous sommes attachés et que nous voulons renouveler.

La France ne doit pas craindre d’assumer une politique de puissance mondiale, notamment face aux différents périls qui nous menacent, à commencer par le terrorisme. Notre armée ne peut plus subir, telle une grande muette, les coupes sombres dans son budget, ses effectifs, ses moyens. Il est des heures où les armes doivent parler au nom d’une juste guerre. Nous vivons ces heures, sur divers théâtres d’opération qui réclament des frappes ciblées, des moyens proportionnés, des réponses adaptées. La guerre change de nature. La peur doit changer de camp.

Un budget de la défense consolidé ; des opérations efficaces plutôt que symboliques ; des formations, des moyens, des programmes de pointe, tout doit être fait pour soutenir un « effort de guerre » conséquent… A l’heure de la mondialisation, les océans deviennent un enjeu de puissance primordial. La France doit impérativement avoir une stratégie maritime fondée sur la puissance navale. Seule, la permanence à la mer, d’un groupe aéronaval, qui suppose probablement la construction urgente d’un second porte-avion, peut lui permettre de tenir son rang.

L’outil militaire a aussi un rôle à jouer à l’intérieur. Rempart contre le terrorisme, instrument de cohésion social, levain du patriotisme, il doit contribuer à l’édification d’une défense opérationnelle du territoire qui passe par la recréation d’une forme de service militaire. Pour être utile, il ne peut pas amputer les armées de leurs moyens opérationnels. Servi par les cadres de nos forces, mais destiné à la paix civile et au rattrapage des dysfonctionnements d’autres services publics (RSMA pour la lutte contre l’analphabétisme), cette nouvelle conscription aurait vocation à être financée par les budgets conjoints du ministère de l’intérieur et de l’éducation nationale.

Ce renforcement de notre puissance militaire, pour faire face aux dangers intérieurs et extérieurs, devra être couplé d’une diplomatie exigeante partout dans le monde, et en premier lieu, bien sûr, en Europe. La France est aujourd’hui marginalisée avec la faiblesse de notre exécutif.

Il est temps pour la France de retrouver sa voix unique en Europe et dans le monde. Une voix indépendante. La voix de la France est faite pour résonner aux dimensions du monde, aux dimensions de ses amitiés ancestrales, de son expérience et de son expertise pour la résolution des conflits, de sa passion désintéressée pour la liberté des peuples et des nations. La France n’est pas la puissance supplétive de tel ou tel bloc. Elle est la voix des non alignés. La voix d’un monde multipolaire. La voix de l’universel, et non du global. La voix de la francophonie. Forte de la tradition gaullienne, au point d’équilibre entre l’alliance américaine et l’amitié russe, riche d’une vieille politique orientale qui remonte à Saint-Louis et aux échelles du Levant, elle doit redevenir la voix d’un continent. Son rayonnement, aujourd’hui terni non parce que d’autres sont forts mais parce que nous admettons d’être faibles, doit reprendre son éclat. Pour le bien de la France, et pour le bien du monde, car la France, c’est sa vocation, est utile à l’équilibre du monde. En Afrique, en Asie, au Moyen Orient, au cœur des océans ou au cœur de l’Europe, de l’Atlantique à l’Oural et au-delà. Cette vision ne signifie pas qu’il faille se détourner du pragmatisme. Le renforcement d’une diplomatie économique efficace doit se poursuivre pour permettre à la France de peser sur tous les tableaux.

A cet égard, notre pays bénéficie d’atouts qui devront mieux être exploités ou mis en valeur par notre diplomatie. La Francophonie, nos collectivités d’outre-mer et la communauté des Français vivant à l’étranger sont aujourd’hui insuffisamment aidées et soutenues par notre diplomatie. Peu de pays dans le monde, peuvent ainsi se prévaloir d’une capacité d’influence comme la France.

Cette influence, elle trouve aussi un levier essentiel dans notre culture, notre patrimoine, notre histoire… tout ce qui concourt à faire aimer la France dans le monde et à assurer son rayonnement. Soyons fiers de notre pays car il a un message à porter dans le monde.