L’écologie est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux écologistes ; et l’économie trop importante pour être laissée aux économistes. Ce n’est donc ni les uns ni les autres qui sauront répondre au défi si prégnant du développement durable. Les uns ne pensent que « développement », quitte à épuiser la planète, et ses ressources, au nom d’un rendement immédiat. Les autres ne pensent que « durable », au risque de tout figer, tout sanctuariser, tout « zadifier »… Mais c’est de part et d’autre la même idéologie : l’homme réduit à l’état de machine, un monde sans frontières et sans limites, le fordisme ou le malthusianisme également vieux et également stériles. Le développement durable, parce qu’il concerne par excellence le bien commun, parce qu’il est affaire de synthèse et d’équilibre, parce qu’il concerne le meilleur possible, est de la responsabilité du politique.

Sa traduction concrète ne se fait pas lors d’un forum économique mondial ou d’un contre forum altermondialiste. Il se fait dans la mesure, la proximité, le concret. C’est cette voie que souhaitent promouvoir les Hussards, à partir de réalisations concrètes et d’expériences réussies. Circuits de proximité, transports propres, consommations locales, économie collaborative, recyclage et entraide, embellissement des villes et des villages, politique familiale, transports doux, logements partagés, projets intergénérationnels, aménagement harmonieux des logements, respect des arts de vivre et des paysages, cercles vertueux de l’enracinement, mêlant qualité de vie et attractivité touristique… elle est infinie la liste des expériences et des pistes qui augmentent le bonheur national brut !

La France, par son histoire et sa géographie, par son espace et ses talents, disposent de tous les atouts pour porter un modèle de développement harmonieux, soucieux des personnes et à dimension humaine. C’est ce modèle que l’on nous envie et que nous risquons de brader, si nous aggravons notre fracture territoriale entre Paris et le désert français, le périph et la France périphérique, les villes qui étouffent et les campagnes qui meurent, un périurbain actif et laid, et des villages beaux mais morts.

L’aménagement durable de notre pays est donc un enjeu prioritaire de politique publique. Il y a aujourd’hui de trop nombreux territoires qui se sentent abandonnés ou délaissés des politiques publiques. C’est ce qu’a bien montré un auteur comme Christophe Guilluy dans ses ouvrages. L’aménagement du territoire doit combiner, avec les collectivités locales, les leviers d’un développement durable : économie, logement, transports et énergie.

Si les villes de demain sont à penser et à construire dès aujourd’hui, nous ne devons pas pour autant fermer les yeux sur nos villes ou petites villes qui ont, elles-aussi, vocation à pouvoir bénéficier de meilleurs équipements.

Le développement de transports toujours plus rapides permet d’ailleurs de repenser notre aménagement intérieur et peut-être faut-il anticiper un « retour à la campagne » plus prégnant qu’il ne l’est aujourd’hui.

Mais cette vision ne doit pas être synonyme d’une nostalgie de mauvais aloi ou d’une vision de carte postale de nos provinces. Le dynamisme de nos régions doit aussi s’appuyer sur une volonté de modernité affirmée, notamment par le soutien aux nouvelles sources d’énergie ou par le développement de transports propres partout sur le territoire.

Enfin, les Hussards sont convaincus que l’accession à la propriété doit être un objectif central, si ce n’est premier, de nos politiques en matière de logement, et cela pour toutes les catégories de population dans la société. De nouvelles initiatives et de nouveaux dispositifs devront être pensés à cet égard pour parvenir à cette réalité d’une France de propriétaires.