Une Europe en crise(s)

Les Hussards constatent que la construction européenne est en crise. Elle subit une triple crise : crise d’efficacité, crise d’identité, crise de représentativité. La crise d’(in)efficacité se manifeste par l’arrivée massive des migrants, l’incapacité des pays méditerranéens à la juguler et le cavalier seul allemand qui signent l’échec de Schengen et l’incapacité des structures européennes issues du traité de Lisbonne à faire face à des menaces vitales.

La crise d’identité est claire, on ne sait plus quelle est la vocation de l’Europe ! S’agit-il d’en faire un outil de coopération intergouvernementale, l’embryon d’un futur Etat fédéral ou l’instance d’une coopération économique la plus fructueuse possible ? Des élargissements trop rapides et le refus français d’intégrer les racines chrétiennes de l’Europe à la Constitution européenne ont pu vider le projet européen de la dimension charnelle qui aurait permis aux peuples de se l’approprier.

Une crise de représentativité enfin à travers la complexité des institutions, l’opacité de la technostructure bruxelloise, l’éloignement de parlementaires européens élus au scrutin de liste renforcent le sentiment d’une Europe des experts, anti-démocratique et de ce fait illégitime.

Une Europe nécessaire

Les Hussards ont la conviction que la construction européenne est utile à la prospérité française. Economiquement, la zone de libre-échange intra-communautaire – zone euro et hors zone euro- et les libertés d’installations et de circulation sont une source de dynamisme économique. Faire de l’Europe l’unique source du mal français est une tentation facile et fausse. Elle sera ce que nous en faisons. L’Allemagne et le Royaume-Uni ont retrouvé le plein emploi. Avec les réformes qui s’imposent, la France pourrait en faire de même.

Dans les négociations internationales, l’Europe Unie, première puissance économique mondiale est à même de peser davantage que chaque pays pris indépendamment.

Enfin, l’Europe est un projet de civilisation. Fondée sur ses racines gréco-romaines, fécondée par l’apport judéo-chrétien, notre continent porte des valeurs de liberté et de respect de la personne humaine dans toutes ses dimensions qui façonnent une identité collective, plus nécessaire que jamais dans les temps troublés que nous connaissons.

Une Europe rénovée au service de ses peuples

Pour répondre à ces défis, les Hussards proposent une politique européenne en dix points. Elle suppose une nouvelle méthode qui passe par une renégociation des traités. Elle créera des tensions et imposera peut-être une politique de la chaise vide comme l’avait fait le Général de Gaulle en son temps.

Les Hussards souhaitent que soient mises en œuvre au plus vite quelque réformes qui viseront à :

  • Réaffirmer la double nature intergouvernementale et communautaire de la construction européenne.
  • Admettre une Europe des cercles concentriques, laissant à chaque Etat le libre choix des nouvelles politiques auxquelles ils souhaitent adhérer, y compris dans la zone Euro.
  • Réaffirmer la vocation économique de l’Union qui est un espace de libre circulation des biens, des capitaux et des services pour la prospérité de ses membres.
  • Introduire le patriotisme économique continental dans les pratiques européennes et la négociation des traités internationaux.
  • Réaffirmer le principe de subsidiarité.
  • Rétablir la primauté du droit national dans la hiérarchie des normes, en dehors des matières strictement communautaires où la primauté du droit européen s’impose.
  • Renforcer le rôle des autorités nationales, dans les domaines où l’Europe a manifestement échoué.
  • Rétablir la légitimité démocratique des institutions européennes
  • Réhabiliter le principe des frontières européennes fortes et sûres, capables de protéger les peuples européens sur le plan commercial comme migratoire.
  • Réaffirmer l’identité européenne par l’intégration des racines gréco-romaines et judéo-chrétiennes dans les traités.

Ces ambitions sont concrètes. Elles n’ont pas le pouvoir de séduction des grandes constructions intellectuelles qui proposent d’édifier rapidement une « Europe puissance », qui, comme telle, ferait entendre sa voix. C’est sans doute une belle perspective à long terme pour peser davantage sur la scène du monde.

Mais à court terme, les peuples d’Europe n’ont plus l’âme rêveuse. Pour sauver ce qui peut l’être, les Hussards appellent à ces quelques réformes de bon sens qui peuvent sauvegarder les succès, réels, de la construction européenne tout en rendant aux peuples la maîtrise de leur destin. L’Europe de demain aura alors toute sa place dans le sursaut français.