Les Français sont en colère et ont perdu confiance dans leurs institutions politiques, judiciaires ou médiatiques. Pour s’en convaincre, il n’est qu’à lire le baromètre de la confiance des Français envers leurs institutions, publié chaque année par le centre d’études de la vie politique française et qui montre que les Français sont 14 % à avoir confiance dans les partis politiques, 29 % dans les syndicats ou 30 % dans les médias[1]. Il y a donc urgence à rénover nos institutions et nos pratiques autour de l’impératif d’une démocratie exemplaire si l’on ne veut pas voir le fossé entre les citoyens et leurs institutions se creuser davantage avec tous les risques que cela suppose.

Une démocratie exemplaire, c’est une démocratie dans laquelle les dirigeants politiques sont soumis au contrôle des citoyens, notamment à travers l’élection. Mais l’accélération du temps, médiatique notamment, avec les nouvelles technologies d’information et de communication, renouvelle la pratique du pouvoir. Si tout ne sera pas réglé par la communication, notamment pour répondre à l’envie croissante exprimée par de nombreux Français de participer directement aux choix politiques, il ne faut pas sous-estimer cette dimension.

Participation

Mais la volonté de participation, ou d’investissement sur un sujet (cf les nombreux débats sur le traité de constitution européenne en 2005), pousse à modifier notre système démocratique en accordant davantage de places aux citoyens, notamment à travers une pratique renforcée du référendum d’initiative populaire.

Exemplarité

Au-delà de cette question et à la vue des chiffres cités précédemment, c’est l’ensemble des institutions qui doivent se réformer et faire preuve de davantage d’exemplarité. Ainsi, tout ce qui aujourd’hui entretient l’exaspération des Français contre nos institutions devra être observé, analysé et réformé. Il en va de la Constitution et des institutions politiques, comme des syndicats ou des médias. Nous proposons ainsi que 50 % des candidats aux élections de législatives soient issus du secteur privé, pour mieux représenter les Français, en facilitant également les interruptions et mobilités de carrière dans le public comme dans le privé.

Les inégalités entre salariés du secteur public et du secteur privé par exemple participent de cet état de défiance, tout comme ceux que l’on nomme les « profiteurs du haut » auprès desquels le patriotisme fiscal doit être rappelé.

Courage

L’exaspération est aussi nourrie du sentiment d’inaction, d’injustice ou d’absence de courage. A cet égard, l’organisation territoriale de la France devra être repensée dans l’intérêt exclusif des citoyens et non des élus, tout comme l’organisation de nos institutions nationales. Par exemple, un Conseil économique, social et environnemental est-il encore légitime et utile aujourd’hui ?

L’action de la gauche au pouvoir a renforcé le sentiment d’un « deux poids, deux mesures ». Si les réformes concernant la chaîne pénale doivent rétablir un climat de sécurité et d’autorité républicaine, il ne faut pas sous-estimer les attentes très fortes des Français dans ce domaine. A cet égard, le comportement des professionnels de la chaîne pénale devra être exemplaire, à commencer par les juges politisés confondant leur statut de magistrat et un combat politique. L’affaire du « mur des cons » a définitivement mis en lumière les comportements inacceptables de quelques-uns. L’autorité judiciaire devra donc participer pleinement à l’effort d’exemplarité.

Enfin, les média eux-mêmes ne sont pas exempts de cette réflexion collective sur leurs pratiques ou leur traitement de l’information.

Si nous voulons rétablir la confiance des Français, chaque groupe, chaque institution se doit de jouer le jeu de l’exemplarité et de la remise en question. C’est un impératif démocratique.

 


 

[1] CEVIPOF. Baromètre de la confiance politique, vague 6bis de février 2015.