Dès son article 2, la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen reconnaît que la sûreté est un droit naturel et imprescriptible qui doit être garanti par l’Etat et ses représentants. Or depuis 2012, la sécurité des Français n’a cessé d’être mise à mal, que ce soit dans le cadre de la délinquance ordinaire ou plus grave encore, dans le cadre des attentats terroristes.

Plus de 40 % des Français[1] considèrent même que les démocraties ne savent pas bien maintenir l’ordre. Il y a donc péril en la demeure et urgence à réagir face au délitement des fondements même de notre Etat républicain.

Sortir de l’impunité

Mais comment ne pas comprendre l’exaspération des Français face aux millions d’actes délictuels et criminels qui sont commis chaque année et auxquels nos services de sécurité et de justice essaient de répondre tant bien que mal ?

S’il est un domaine dans lequel la gauche, enfermée dans son idéologie, aura échoué, c’est bien sur celui de la lutte contre l’insécurité. Nous devrons porter une parole forte et très ambitieuse dans ce domaine avec pour priorité de lutter efficacement contre toutes les formes de délinquance tout en apportant notre meilleur secours et notre meilleurs aide aux victimes.

Nous aurons un objectif simple : la baisse de la criminalité par la mobilisation de tous les acteurs. Nous devons moderniser les outils mis à disposition des services d’enquête (cartographie) tout en adaptant notre réponse pénale aux nouveaux enjeux de délinquance (cybercriminalité par exemple).

Pour un ordre juste

Nous mobiliserons l’ensemble de la chaîne pénale autour de réformes efficaces et pragmatiques qui auront pour priorité l’exécution des peines, condition indispensable pour mettre fin au sentiment d’impunité, redonner du cœur à l’ouvrage à nos forces de sécurité et restaurer toute la crédibilité de la justice. Nous ne devons plus accepter, par exemple, que 100 000 peines de prison fermes soient en attente d’exécution chaque année. Cela passera nécessairement par la construction de places de prison, un meilleur accompagnement et une meilleure évaluation des personnes condamnées ainsi qu’une modernisation de l’administration pénitentiaire. Il faudra enfin veiller simplifier nos procédures.

Ce besoin de simplification touche d’ailleurs l’ensemble de la justice, notamment la justice civile qui est celle à laquelle sont le plus souvent confrontés les Français. Ces réformes devront être pensées et mises en œuvre en partenariat avec les professions juridiques et judiciaires qui pourraient voir leurs compétences accrues en contrepartie d’une plus grande ouverture de leur part.

Enfin, notre système judiciaire devra répondre à deux priorités : maintenir sa spécificité dans le cadre européen et international car nous avons à promouvoir l’exception juridique française et nous devrons faire cela en cherchant à soutenir la croissance économique. En effet, le droit commercial, le droit de la concurrence ou le droit du travail participent de notre compétitivité et nous devrons veiller à ce que chaque réforme, entreprise dans ces domaines, soit facteur de croissance et de création d’emplois.

 


[1] Enquêtes annuelles du Centre d’études de la vie politique française (CEVIPOF)