Une prospérité qui profite à chacun

La raison principale des maux dont nous souffrons est un déficit de prospérité. Ce sujet est curieusement très peu abordé dans les différents débats tenus dans le pays. Ce déficit de prospérité conduit les gouvernements successifs à redécouper sans cesse un gâteau qui ne grossit pas, aggravant continuellement le phénomène et nous entraînant dans une spirale mortifère.

Il y a environ 15 ans, le PIB par tête en France était équivalent à ceux de l’Allemagne et du Royaume Uni. Aujourd’hui on constate un écart compris entre 6000 euros et 7000 euros entre le PIB part tête en Allemagne et en France. La France s’est donc considérablement appauvrie relativement à ses voisins.

Imaginez une seconde ce que serait la situation si nous avions 6000 euros de PIB en plus par tête. A 67,2 millions d’habitant cela représenterait 403 milliards de PIB en plus par an ! A 45,4 % de prélèvements obligatoires sur le PIB cela ajouterait environ 183 milliards d’euros d’action publique possible chaque année !

A ce niveau, la situation de notre pays en serait complètement changée. Nous retrouverions une prospérité permettant le financement de la solidarité et des services publics.

Il faut permettre la création de richesses pour avoir la capacité de la partager.

C’est là que l’on se heurte à un problème majeur, propre à notre pays. Etant donné que la création de richesses se produit dans les entreprises, toute politique de création de richesses passe par une politique favorable aux entreprises. Or la confiance étant brisée en France, une telle politique est immédiatement perçue comme favorable aux riches au détriment des pauvres. Donc pour qu’une telle politique puisse réussir et être acceptée par tous, il est indispensable que les Français soient certains de pouvoir s’y retrouver. Il faut que chacun puisse avoir la certitude de récolter les fruits de la prospérité. En d’autres termes il faut partager le butin. Comme en temps de guerre, il est vital que toute la population soit mobilisée vers cet objectif commun de retour de la prospérité.

C’est là qu’intervient la mise en place du Plan d’Intéressement National.

De nombreuses entreprises utilisent le dispositif d’intéressement pour associer les salariés aux résultats de leur entreprise. Grâce à ce dispositif une réserve d’intéressement est alimentée chaque année, elle correspond à un pourcentage des bénéfices réalisés par l’entreprise. Cette réserve est ensuite distribuée entre les salariés. Jusqu’à aujourd’hui ce dispositif est mis en place entreprise par entreprise, il ne bénéficie ainsi qu’aux salariés des entreprises les plus grosses et les plus riches. Seulement environ 5 millions de salariés en bénéficient aujourd’hui. L’objectif du Plan d’Intéressement National serait de permettre à tous les Français de bénéficier du succès de l’économie nationale.

L’idée proposée ici est de créer un plan d’intéressement à l’échelle nationale. Ainsi chaque entreprise verserait un pourcentage (à définir) de ses bénéfices dans une réserve nationale d’intéressement qui pourrait être gérée, par exemple, par la caisse des dépôts. Les entreprises auraient le choix entre ajouter ce dispositif à celui qu’elles ont déjà avec leurs salariés ou le substituer à celui existant.

Cette réserve ainsi constituée d’une fraction du succès de l’ensemble des entreprises françaises serait ensuite distribuée entre tous les français majeurs. On peut imaginer une répartition inversement proportionnelle à la rémunération de chacun afin de favoriser les plus pauvres. Les plus modestes recevraient ainsi un montant supérieur aux plus aisés.

Chaque Français aurait ainsi un compte qu’il pourrait gérer lui même. Chacun aurait le choix entre percevoir l’intéressement immédiatement, en payant dans ce cas l’impôt sur le revenu correspondant s’il y est assujetti, ou le laisser bloquer un nombre d’années à définir dans différents placements proposés par la Caisse de Dépôts, bénéficiant ainsi d’une exonération d’impôts sur les sommes bloquées. Cet argent pourrait ainsi par exemple alimenter un fonds d’investissement ayant pour mission d’investir dans les PME du pays.

Cet argent serait directement à la disposition des Français, sans passer par les caisses de l’état.

On voit bien le cercle vertueux ainsi engagé dans une société où l’instituteur de l’Ariège, l’infirmier de la Gironde et l’agriculteur de Bretagne se réjouissent des profits annuels de Total sachant qu’une partie de ceux-ci leur revient.

Ce dispositif permettrait ainsi à chacun de bénéficier des résultats de l’équipe France et de mettre à disposition des montants considérables pouvant servir au développement de notre économie.

Les avantages de ce Plan d’Intéressement National seraient majeurs :

  • Adhésion au projet de redressement du pays ;
  • Augmentation du pouvoir d’achat, notamment des plus modestes ;
  • Création d’un fond d’investissements richement doté vers les PME.

Exemple de calcul[1] :

Source Insee

En 2016 le résultat courant avant impôt des entreprises marchandes hors agriculture était de 231,6 milliards d’euros.

Si on prend une hypothèse d’un taux de 8 % sur le PIN cela aurait représenté 18,52 milliards pour le PIN. A 45,7 millions d’électeurs cela fait environ 405 euros par français majeur (rappelons que ceci est une moyenne et que dans l’hypothèse d’une répartition inversement proportionnelle au revenu, les français les plus modestes toucheraient plus).

Si le plan de redressement du pays est couronné de succès gageons que ce montant, versé chaque année pourrait doubler dans les 10 ans avec l’accroissement des performances des entreprises bénéficiant des mesures de redressement prises par ailleurs.

Les Français ainsi rassurés sur la façon dont le « butin » sera partagé, il devient possible de mettre en œuvre un réel plan de redressement de l’économie et de reconquête de notre prospérité. Il faut ainsi redonner, de façon franche et massive, de la compétitivité à nos entreprises, en baissant les charges et impôts de production qui pèsent sur elles. Sortant de la spirale mortifère dans laquelle nous sommes enfermés, un cercle vertueux s’instaurerait dans lequel les entreprises produisent à nouveau de la richesse, partagée entre tous, améliorant la situation de chacun, diminuant la nécessité de recours à l’état dont les comptes seraient assainis.

Par Michel Gérard,

Chef d’entreprise.

[1] Les calculs donnés ici ont pour but de donner une idée de ce que pourrait représenter la prime d’intéressement annuelle versée en moyenne à un français. Ils nécessitent d’être affinés