En 2016, l’Allemagne a enregistré le plus haut excédent commercial du monde (297 milliards de dollars), détrônant ainsi la Chine (245 milliards de dollars), connue depuis de nombreuses années comme la plus grande puissance exportatrice mondiale. Les succès compétitifs ininterrompus et insolents de l’Allemagne depuis une décennie font des émules, notamment dans l’hexagone, qui pâtit de cet inéquitable rapport de force économique avec son principal partenaire économique. En effet, s’intéresser à l’Allemagne et à sa compétitivité n’est pas qu’une question d’inspiration de modèle économique, mais bien un enjeu majeur pour la place de la France sur les marchés internationaux, écartée par l’attractivité allemande, partenaire dont nous dépendons notoirement, mais aussi principal rival sur les marchés tiers. Il ne s’agit pas de tomber dans l’écueil qui consisterait à faire de l’Allemagne un modèle indépassable. Pour des raisons aussi bien historiques que démographiques, les Allemands entretiennent avec l’économie ordo-libérale un rapport identitaire et émotionnel très fort que l’on ne retrouve pas en France. Toutefois, il s’agit d’ôter un certain nombre de tabous persistants dans la structure du travail et de la valorisation économique en France.

1/ Retour sur le différentiel de compétitivité entre l’Allemagne et la France

 Un rapport de force inégal

balance commerciale

Balance commerciale des marchandises

Entre 2015 et 2016, le commerce extérieur de la France a prolongé sa chute, passant de 45 à 48 milliards d’euros de déficit. Durant l’année 2015, nous avions assisté à une hausse de la compétitivité française (baisse du déficit publique, légère baisse de charges – compensée par des hausses d’impôts pour les ménages -, baisse de l’euro et du prix du pétrole, taux d’intérêt bas – voire négatifs), qui avait permis une progression de 4 % du commerce extérieur, abaissant modestement le déficit à 46 milliards. Les mesures du gouvernement durant les deux dernières années ont pourtant permis de modérer le coût du travail, mais dès lors que l’ « alignement des planètes » cesse, le déficit commercial repart à la hausse, et les défauts structurels jouent à nouveau pleinement leur influence négative. Quelles différences structurelles pénalisent donc l’économie française face à la machine de guerre économique allemande ?

L’Allemagne est, de très loin, notre premier client et fournisseur. Or, elle se détourne peu à peu de la France – amplement déficitaire dans les relations commerciales bilatérales –, et n’a pas eu de scrupules à lui substituer les Etats-Unis comme premier partenaire commercial[1]. L’Allemagne est notre premier client, mais nous n’en sommes que le troisième fournisseur (et la balance commerciale joue clairement en notre défaveur).

Les entreprises françaises pénalisées face à l’Allemagne

Les différences de taxation entre la France et l’Allemagne[2] tendent à rendre notre pays nettement moins attractif. L’Impôt sur les Sociétés (IS) en Allemagne est de 15 % (taux instauré en 2008), et à celui-ci s’ajoutent 5,5 % sur la base du montant l’impôt de telle manière que le taux d’imposition total est de 15,825 % du bénéfice[3]. Pendant ce temps, l’IS demeure deux fois plus élevé en France (33,3 % depuis 1993)[4]. Les différences notables d’imposition entre la France et l’Allemagne sur les entreprises ont un impact défavorable pour la compétitivité de la France. En effet, les entreprises allemandes disposent de marges plus avantageuses, et investissent dans le développement technologique de leur production et l’innovation. La France, quant à elle, se retrouve à la traîne en termes d’investissements.

Un autre élément qui devrait attirer notre attention est le fait que l’IS en Allemagne est nul si l’entreprise ne fait aucun bénéfice, alors qu’en France, la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) et la Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE) s’appliquent sur les sociétés, quoi qu’il arrive, c’est-à-dire : même si elles ne font pas de bénéfices.

Le smic français apparaît comme un véritable épouvantail. S’élevant à 9,61€ par heure, il est concurrencé par le smic allemand de 8,5€. Si on peut en déduire que le salarié français est avantagé par rapport à son homologue allemand, on assiste à l’ironie suivante : le « smicard » allemand gagne mensuellement plus que le « smicard » français (respectivement 1 498€ et 1 480€). Le secret du salarié allemand ? Le temps passé au travail[5]. Les 35 heures hebdomadaires imposées à la France montrent ici pleinement leur impact.

Des paradigmes différents entre les milieux des affaires français et allemand

Aux « handicaps » fiscaux des entreprises françaises s’ajoute un phénomène structurel de stratégies entrepreneuriales bien différentes. Là où les entreprises allemandes privilégient la stratégie de développement interne pour l’exportation (Finalisation des produits sur le territoire national et politique d’innovation des entreprises), les grandes entreprises françaises ont fait le choix de prendre le large, soit en délocalisant totalement leur production (Renault est devenu importateur net de véhicules en France au cours des années 2000), soit par des procédés de fusion-acquisition (fort coûteuses en raison des primes d’acquisition, et des coûts de transaction et d’intégration). Ainsi, entre 2011 et 2013, les Allemands ont réalisé pour 9,4 milliards d’euros d’acquisition, contre 12 milliards pour les Français. Cela ne semble guère avoir permis la relance de notre économie nationale. En revanche, les entreprises allemandes ont massivement investi dans la croissance interne de leurs filiales à l’étranger par rapport aux françaises sous la même période (respectivement 56 milliards et 36 milliards d’euros)[6]. L’industrie allemande basée sur le haut de gamme s’oppose donc aux stratégies d’affaires des entreprises françaises, qui choisissent la quantité des partenariats plutôt que leur renouvellement endogène et leur ancrage en France.

Une illusion allemande ?

Il ne faut pas se leurrer sur la nature de l’excédent allemand pharamineux, car il résulte en grande partie d’importations relativement faibles par rapport au pays[7]. Comme le souligne l’économiste Marcel Fratzscher, de l’institut DIW, « le problème de l’Allemagne n’est pas que ses exportations sont trop fortes, mais que ses importations sont trop faibles ». La demande intérieure et les dépenses d’investissement de l’Allemagne n’étant pas suffisamment soutenues, la consommation n’est pas stimulée, jugulant les importations. Dans son livre Die Deutschland-Illusion, Marcel Fratzscher souligne qu’entre 2000 et 2014, pas moins des deux-tiers des ménages allemands ont essuyé une baisse significative de leur pouvoir d’achat. Le « choc » de compétitivité allemand s’est fait au prix d’un certain nombre de sacrifices (encore faut-il qu’ils soient approuvés démocratiquement) dans la structure du marché du travail et de l’état-providence – mais qui sont compensés par des éléments dont nous devrions nous inspirer, tels que les politiques d’apprentissage ou la culture du dialogue social. De plus, si les entreprises bénéficient d’une clémence fiscale en Allemagne, cela se fait au détriment des ménages, au regard de la moyenne d’impôt sur le revenu payé auprès de l’Etat par les salariés allemands (13 210€), doublement supérieure à celle qui échoit aux Français (6 298€)[8], toutes choses égales par ailleurs.

L’excédent courant de l’Allemagne correspondant à 9 % de son PIB, la commission européenne rappelle que tout excédent dépassant le seuil de 6 % menace la stabilité de la zone euro. C’est une des raisons pour lesquelles la « bonne santé » de l’économie allemande pose un véritable problème à échelle macro-économique européenne. Lors d’une table ronde organisée par le Medef, Xavier Ragot, président de l’Observatoire Français de la Conjoncture Economique (OFCE) a déclaré que « l’excédent courant allemand est le problème principal de la zone euro, car il entraîne la désindustrialisation de ses voisins », cela s’expliquant par la concentration de la production industrielle européenne en Allemagne[9]. De plus, la trop grande dépendance de l’Allemagne vis-à-vis de ses marchés extérieurs la rend vulnérable du fait des risques de politiques protectionnistes qui pourraient être entreprises, ou tout simplement, de la baisse générale de la croissance chez ses partenaires européens ou émergents[10]. Soutenir la demande et la consommation intérieure est donc un élément important de soutien de l’économie. C’est pourquoi la France ne devrait pas négliger son système social et distributif comme une éventuelle carte dans sa manche, à condition d’en améliorer l’efficience.

L’euro, cause non négligeable des divergences franco-allemandes

L’euro est nettement sous-évalué par rapport à l’économie allemande (15 % d’après le FMI). La France, quant à elle, est handicapée par la surévaluation de l’euro de 6 % par rapport à son économie[11]. Par la conjonction entre l’avènement de l’euro et un certain nombre de réformes analogues à ce qu’on nomme « austérité » au début des années 2000, l’Allemagne jouit d’une compétitivité qui a décuplé ses exportations. Ce que montre le graphique ci-dessous, c’est bien l’avantage de l’euro pour la compétitivité allemande, couplé aux « réformes Hartz », qui ont permis d’assurer sa performance exportatrice au cours des années 2000.

montant des exportations allemandes

Montant des exportations allemandes (en milliards €) depuis 1970

Quant à la France, elle a perdu entre 2000 et 2012 50 % de ses marchés à l’international, pénalisée par une monnaie trop forte. D’ailleurs, nous pouvons vérifier ci-dessous la corrélation entre le cours de l’euro par rapport au dollar et les difficultés du commerce extérieur français. C’est pourquoi la remise en question de l’euro (arrimée sur le modèle du Deutsche-Mark, monnaie forte) est loin d’être une hypothèse inenvisageable pour rendre à la France une part estimable de sa compétitivité.

solde commerce extérieur

Solde du commerce extérieur

cours de l'euro par rapport au dollar

Cours de l’euro par rapport au dollars

2/ Refonder le système français

Favoriser le développement de la qualité et du savoir-faire français

Un tel projet (de ré-industrialisation) passe en grande partie par la « réhabilitation » de l’apprentissage, négligé au cours des dernières années. Ce qui fait le secret de la performance allemande. C’est notamment le développement et l’entretien de son industrie. On compte en France 4 fois moins d’apprentis qu’en Allemagne, où 55 % des élèves d’une classe d’âge s’orientent vers l’apprentissage[12]. Avec 400 000 apprentis, la France connaît un taux d’emploi des 15-24 ans d’à peine 30 %, pendant que celui-ci s’élève à 45 % en Allemagne, qui compte 1,8 millions d’apprentis. Le défaut d’une grande politique éducative française de l’apprentissage professionnel est grandement à l’origine du chômage des jeunes et du fait que 17 % des 15-29 ans (1,8 millions de personnes) sont totalement écartés du système éducatif et de la vie active. Or, l’apprentissage permet aux jeunes de s’intégrer dans le circuit de l’emploi. Par ailleurs, les enquêtes de l’OCDE soulignent l’obsolescence rapide des compétences de la population active, ce qui pose le problème de la formation continue. En 2013, seuls 36 % de la population active disposait d’une formation continue, contre une moyenne de 50 % dans l’OCDE, et de 70 % dans les pays nordiques[13].

Nous devons favoriser les entreprises françaises dans la commande publique autant que possible. La culture entrepreneuriale française dispose de cette singularité de se reposer sur des marchés locaux et nationaux, qui permettent aux entreprises de grossir, et de conquérir de nouveaux marchés à l’étranger. Cette stratégie qui a fait ses preuves pour nos champions nationaux devrait également être opérée pour les PME, qui représentent en France 99 % des entreprises, 80 % des entreprises exportatrices, 48 % de l’emploi, 35 % du revenu national et 43 % de la valeur ajoutée[14]. Seules 5 % des entreprises françaises exportent, soit 125 000 (contre 350 000 en Allemagne). Les 95 % autres qui n’exportent pas devraient bénéficier du soutien des autorités publiques. Il est important de faire fructifier ce gisement de richesses, dont la France dépend de manière importante, en menant une politique de soutien et de préférence nationale à l’investissement, et d’exonérations d’impôt pour tout investissement de particuliers à l’attention de ces entreprises, comme c’est la cas du dispositif ISF-PME.

La compétitivité hors-prix, un terrain à réinvestir

La France dispose d’atouts pour l’exportation. La filière navale et le secteur du luxe ont connu une année prospère en 2016, le secteur militaire a connu une année record. La leçon que l’on en tire est que ces secteurs économiques jouissent d’une haute estime à l’international de par la qualité de leurs produits. Par ailleurs, le travailleur français est plus productif que son homologue allemand (59,5 $ par heure travaillée, contre 58,3 $ en Allemagne), ce qui est un atout non négligeable[15]. C’est pourquoi la France doit miser davantage sur sa compétitivité dite « hors-prix », à savoir, la qualité intrinsèque de ses marchandises, aujourd’hui principal motif de confiance de la part de nos partenaires. L’Allemagne ne cesse de marquer des points dans la montée en gamme de ses produits, ce qui en fait notre plus redoutable concurrent sur les marchés tiers. Les investissements dans la recherche et le développement représentent à peine 2 % du PIB en France, quand il atteint les 3 % en Allemagne[16]. Nous devons également travailler à la montée en gamme, quitte à passer par des partenariats entre le public et les acteurs privés pour accélérer les stratégies commerciales pour demain.

La compétitivité hors-prix des entreprises françaises est aujourd’hui défaillante dans de larges pans de notre industrie. Elle doit reposer sur les compétences de la population active (aujourd’hui évaluée comme insuffisante), la simplification du milieu du travail, sur une plus large diffusion des outils numériques au sein de l’appareil productif ou encore la révision des méthodes de management[17]. Ces refontes des méthodes de management au sein des entreprises doivent reposer sur : la capacité à évaluer et à superviser les performances, à améliorer les procédés existants, à savoir modifier les stratégies adoptée pour parvenir aux objectifs fixés, et à autonomiser les salariés par le travail d’équipe – ce qui permettra, par le même coup, de décentraliser les processus de décision[18].

Reconnaître aux entreprises leur autonomie et leurs particularités

Le droit du travail est un frein, souvent rédhibitoire, pour les employeurs. Plongés dans l’incertitude, ils se heurtent à des appréhensions pour embaucher, ce qui tend à exacerber l’effet négatif représenté par le coût du travail. Le caractère pléthorique et indigeste du code du travail (3 400 pages) constitue un frein à la motivation d’embaucher (beaucoup trop de documentation, d’engagements, de complexité). S’il est aujourd’hui acquis par tous qu’il est nécessaire de revoir le code du travail, la question se pose de savoir quelles devront en être les lignes directrices. Il semble intéressant de faire du code du travail un modèle de « constitution » synthétique pour le monde de l’emploi, donc de le réduire à la portion congrue (entre 100 et 150 pages), qui correspondrait aux normes sociales fondamentales et au respect de la dignité des salariés. Le reste devrait être l’objet de négociations à l’échelle des branches et des entreprises elles-mêmes, chaque échelon se partageant des problématiques précises. La résistance de l’économie allemande au moment de la crise de 2008-2009 tient notamment du fait que les entreprises et les secteurs ont favorisé une flexibilité temporaire de leur vie interne à la suite d’accords. Désétatiser les conventions de l’emploi permettrait aux entreprises de disposer de marges de manœuvres plus adaptées à leurs réalités singulières[19].

Au titre de la liberté entrepreneuriale, qui permettrait aux entreprises de s’adapter aux contraintes conjoncturelles, il devrait leur être permis de rédiger un nouveau contrat de travail avec des modalités prédéfinies (temps de travail, rupture, etc).  Un contrat de travail avec modalités de rupture prédéfinies permettrait d’assouplir l’emploi tout en protégeant les salariés de traitements aussi douloureux qu’imprévus, tout en préservant l’entreprise. Les acteurs de l’entreprise sont les plus à même de connaître leurs intérêts et leurs besoins. Il s’agirait ainsi de conférer aux entreprises et aux branches une plus grande liberté, par le moyen d’accords collectifs. A ce titre, il faudrait expérimenter un modèle de « souveraineté entrepreneuriale », reposant sur plusieurs dispositions imbriquées les unes dans les autres : l’intégration de la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) dans les stratégies des entreprises (inciter, dans le même temps, les employeurs à recourir à des RSE en lien avec leurs salariés) ; le développement de la concertation entre employeurs et salariés/représentants de salariés ; retirer le monopole du premier tour aux syndicats (qui ne représentent qu’entre 5 et 8 % des salariés) pour permettre aux salariés eux-mêmes de se présenter librement aux élections des représentants de personnel ; favoriser le référendum dans l’entreprise en cas de blocage dans le dialogue social.

Par quel procédé donner de l’air aux entreprises

La baisse significative des charges patronales demeure une nécessité. Si nous voulons maximiser les chances de nous retrouver au même niveau compétitif que l’Allemagne (plus compétitive que nous de 20 %), la baisse du coût du travail doit passer par un allégement des charges entre 10 et 15 % sur un terme assez court. L’ensemble des charges représente plus de 30 % du coût total d’un salarié[20]. Abaisser cette proportion à 20 % engendrerait des gains de compétitivité non négligeables. Dans le contexte de ce choc de compétitivité, les charges et les dépenses qui leur sont affiliées ne devront pas être amoindries d’une manière brutale. Pour ce faire, il faudra que les charges, dans le contexte de leur baisse générale, soient partagées de manière équitables proportionnellement à la taille des entreprises, et être les plus avantageuses possibles pour les PME-TPE. Une baisse des charges salariales doit également être une piste à explorer afin de donner davantage de pouvoir d’achat aux salariés, ce qui compensera de manière significative la baisse de la demande qui pourrait être induite par les coupes budgétaires.

L’IS français pénalisant les marges des entreprises françaises, et particulièrement des TPE-PME, il est souhaitable de baisser son taux maximal autour de 25 %, et d’envisager l’instauration de tranches fiscales adaptées à la taille des entreprises et à leurs bénéfices.

L’ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune) constitue également un frein. Incitant les agents fortunés et les capitaux à quitter notre territoire, il prive la France de ressources fiscales et de donateurs potentiels. C’est en tout cas ce que démontre un rapport de l’Institut Montaigne, qui expose les pertes fiscales engendrées par les fuites des acteurs assujettis à l’ISF. Le total des pertes s’élèverait à 15,9 milliards € en 2007 (sachant qu’en 2015, les recettes induites par la ponction de l’ISF n’étaient que de 5,2 milliards €[21]). A ce phénomène s’ajoute le fait que les intéressés enrichissent nos voisins plutôt que la France, forts de véritables succès entrepreneuriaux. Entre 1993 et 2006, des pays comme l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas et la Finlande se sont délestés de l’ISF, et cela ne semble pas leur avoir porté préjudice au vu des résultats qui sont les leurs[22].

Les 12 colonnes de la réorganisation de l’économie française :

  • Réformer le régime fiscal appliqué aux entreprises : abaisser le taux d’IS autour de 25 % (qui deviendrait le taux maximal), exonérer les entreprises de taxes et d’impôts lorsqu’elles ne font pas de bénéfices et instaurer différentes tranches en fonction de leur taille et de leur chiffre d’affaires
  • Endiguer les effets de seuils par la prise en comptes de critères comparables à une réforme du régime de l’Impôt sur les sociétés. Les seuils ne se définissant que par le nombre de salariés, il faut ajouter d’autres critères tels que le chiffre d’affaire et la nature des activités des entreprises. Doubler les seuils sociaux
  • Baisser les charges patronales d’au moins 10 % sur la totalité de la masse salariale, et les partager de manière équitable entre les entreprises en fonction de leur taille (micro-entreprise, TPE, PME, Grande Entreprise)
  • Baisser les charges salariales et l’impôt sur le revenu
  • Supprimer l’Impôt de Solidarité sur la Fortune
  • Réduire le code du travail à 100-200 pages. En faire un corpus de règles générales, et laisser les branches et les entreprises définir leur organisation et les conditions de l’emploi (dont le temps de travail) de manière autonome, selon un principe de hiérarchie des normes.
  • Le nouveau droit du travail devrait aspirer à mettre fin à l’opposition entre CDI et CDD, au profit d’un modèle de contrat universel. Ce contrat universel pourrait constituer la définition de l’emploi dans le code du travail. Sur cette base, faire la part belle à des contrats de travail prédéfinissant les conditions d’emploi du salarié, et les modalités et motifs de licenciement possibles
  • Développer la culture démocratique au sein des entreprises pour les rendre plus autonomes, notamment à travers la liberté de candidature et le développement du référendum interne
  • Impliquer l’Etat et les entités publiques dans le principe de recours aux PME françaises dans le cadre des marchés publics (Small Business Act)
  • Développer l’apprentissage professionnel dès le collège, ainsi que la formation continue de la population active dans la perspective d’entretenir la compétitivité hors-prix des biens et services français
  • Subventionner les initiatives entrepreneuriales et défiscaliser de 30 à 50 % de l’impôt sur le revenu tout don de particuliers au bénéfice des entreprises
  • Inciter les entreprises françaises à développer l’innovation et leur savoir-faire en France. Dans le cadre de ce plan de relance, les impliquer dans les parcours d’apprentissage (stages et alternance) des jeunes

[1] La France n’est plus le premier partenaire commercial de l’Allemagne, Le Figaro, 2 mars 2016

[2] Les taxes et impôts en France représentent l’équivalent de 14,5 % de la Valeur Ajoutée, tandis que ce chiffre s’élève à 7,8 % en Allemagne (Le Parisien Economie, 17 septembre 2012)

[3] Ce supplément applicable de solidarité de 5,5 % a été institué en 1995, et son taux actuellement en vigueur date de 1998

[4] Compétitivité France-Allemagne | GBO Human Resources

[5] Le smic dans les pays de l’Union Européenne en 2017, Le Journal du Net, 16 février 2017

[6] Pourquoi la France fait moins bien que l’Allemagne à l’export, Les Echos, 18 août 2016

[7] Les Echos, 18 août 2016. Au premier trimestre de l’année 2016, les importations en Allemagne avaient encore baissé de 3 %

[8] Compétitivité France-Allemagne | GBO Human Resources

[9] Déficit commercial : les raisons d’un mal français, Les Echos, 8 février 2017

[10] Prenons l’exemple des BRICS, principaux porteurs de la croissance mondiale. En 2016, la Russie a essuyé une récession de 1,6 %, le Brésil de 3 %. La croissance chinoise affiche aujourd’hui 6,5 %, et l’Afrique du Sud 0,6 %. L’Inde culmine à 7,3 %, mais elle est destinée à voir cette croissance décliner au cours des prochaines années.

[11] L’euro est trop fort de 6 % pour la France et trop faible de 15 % pour l’Allemagne d’après le FMI, Le Figaro, 3 août 2016

[12] IFRAP, France-Allemagne : apprentissage, les six différences, Jean-Hippolyte Feildel, 16 février 2012

[13] France Stratégie, 2017-2027, enjeux, mars 2016

http://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/17-27-competitivite-que-reste-t-il-a-faire.pdf

[14] CEDEF : Où trouver les chiffres clef ? http://www.economie.gouv.fr/cedef/chiffres-cles-des-pme

[15] La France doit rattraper son retard de compétitivité sur l’Allemagne, IREF, par Marc Lassort, 25 mai 2015

[16] Idem

[17] France Stratégie, 2017-2027, enjeux, mars 2016

http://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/17-27-competitivite-que-reste-t-il-a-faire.pdf

[18] Le World Management Survey souligne des lacunes françaises dans le domaine de ces piliers indispensables pour le bon management des entreprises, à la suite d’une enquête auprès de 20 000 entreprises dans 85 pays

http://www.worldmanagementsurvey.com/

[19] « Dustmann, Fitzenberger, Schönberg et Spitz-Oener affirment que les institutions du marché du travail en Allemagne (qui mettent l’accent sur les négociations consensuelles au niveau de l’entreprise et au niveau du secteur) se sont révélées être beaucoup plus résistantes que les institutions du marché du travail dans d’autres pays comme la France ou l’Italie, où les salaires se négocient au niveau national avec les syndicats », Comment expliquer le miracle de l’emploi allemand ? http://annotations.blog.free.fr/index.php?post/2014/02/16/Comment-expliquer-le-miracle-de-l%E2%80%99emploi-allemand

[20] Les charges salariales correspondent à 1/5 de la totalité du salaire brut, et les charges patronales en représentent l’équivalent de 40 %

[21] Recette de l’impôt de solidarité sur la fortune 2015 : stable sur un an, JDN, 30 mai 2016

[22] Nous renverrons à la note Amicus Curiae produite par l’Institut Montaigne intitulée Supprimer l’ISF… pour faire payer les riches (en France), qui développe très bien les enjeux économiques que sous-tend l’ISF